Passer de flexitarien-ne à végétarien-ne, 6 mois après

Sur ma to-do-list d’il y a 6 mois, un item figurait en bonne position : devenir végétarienne. C’est chose faite depuis le 1er janvier. « Alors ? » vous demandez-vous sûrement. Alors j’ai plein de choses à en dire ! Ici, je vais surtout parler des principaux obstacles, que je n’avais pas vraiment vus venir. Et pour ceux qui voudraient réfléchir à l’impact de leur alimentation, je donne aussi deux ou trois clés en fin d’article.


Il y a pas mal de choses qui m’ont motivée à franchir le cap. Je ne rentrerai pas dans le détail dans cet article ; en tout cas, j’étais déjà flexitarienne, même si ce mot est très moche. Concrètement, je mangeais zéro viande et zéro poisson chez moi.

Est-ce que c’est difficile de devenir végétarien-ne ?

En janvier, j’avais l’impression que ça ne me demanderait guère d’effort supplémentaire de me restreindre à une alimentation un peu plus strictement végétarienne. Donc : plus de viande ni de poisson, mais encore des œufs et du lait.

home3En juillet, je peux vous dire que ce qui me semblait plutôt facile s’est révélé un peu plus délicat que je pensais. Pas parce que j’en ai eu marre de manger du céleri, ni parce que je bavais devant les entrecôtes, et encore moins parce que ça me coûtait trop cher… au contraire. À vrai dire, les difficultés ont plutôt été d’ordre sociétal et social.

En essayant d’expliquer ça à ma copine Anne-Fleur, j’ai dit que c’était comme des niveaux à passer. Le niveau le plus facile, c’est chez soi. Beaucoup plus difficile : chez les potes. Et le niveau hardcore de l’extrême, le boss final du végétarisme, le Mew du “sans-viande-ni-poisson”, c’est le repas chez la belle-famille quand il y a d’autres invités que vous.

Enfin voilà, si vous hésitez vous aussi, je vous donne les niveaux tels quels.

home2Niveau 1 (facile) : chez soi

C’est tellement simple de se nourrir végétarien chez soi que c’est enfantin. Totale maîtrise du sujet, de la liste de course à la façon de cuisiner jusqu’à l’arrivée dans l’assiette et enfin dans mon estomac. Mon alimentation a peu changé. J’ai en plus la chance de vivre avec quelqu’un qui non seulement vit très bien mon végétarisme, mais en plus s’est mis au diapason et vit ce qui lui reste d’amour pour la viande en extérieur. Bref : les doigts dans le nez.

richer1Niveau 2 (moyen) : le restaurant

Pas simple mais pas insurmontable, en tout cas dans les grandes villes. Souvent, il y a un plat vegé à la carte. Parfois (luxe !) deux ou trois. Sinon, je dis que je suis végétarienne, en précisant « pas de viande, ni de poisson ». Souvent, on m’a fabriqué des plats sur-mesure délicieux (Le Richer, rue Richer). Quelquefois on m’a servi des plats un peu au rabais, mais avec de la bonne volonté. Une fois, on m’a dit que j’étais bien chanceuse qu’on ne me mène pas dehors pour brouter le buisson qui était sur la terrasse (Chez Benoît, rue Saint Denis, qui est donc à éviter).

Niveau 3 (difficile +++) : les potes et la famille

Là ça se corse carrément. La plupart des mes potes sont très bienveillants (merci ! je vous aime !), on trouve toujours une façon de faire qui convient à tout le monde. J’ai déjà eu une double dose de courgettes grillées au lieu d’un morceau de poulet mariné. Inversement, pur moment de malaise un jour où on m’avait présenté un plat de gratin de pâtes au jambon, en me disant : « Je sais que tu es végétarienne, mais je me suis dit que ça irait. » Heu… non.


Ça m’a surprise : je n’avais pas réalisé que la viande était, à ce point, ancrée dans la convivialité. Ça sonne intello, mais c’est vrai : lorsqu’on passe un bon moment entre potes à bouffer, la viande est plutôt incontournable. Un barbeuc sans saucisses ? Un réveillon sans foie gras ? Un apéro sans saucisson ? Un déjeuner en famille sans rôti ? De même, essayez de préparer un dîner un peu sympa pour des invités sans viande ni poisson : l’équation semble tout de suite plus difficile.

bruxellesEt puis, je n’avais pas non plus capté que l’offre coté restauration est encore assez limitée, même à Paris, et encore plus dans la restauration professionnelle. Et encore : on ne parle que d’un régime végétarien ; si on essaye de se imaginez un peu pour ceux qui mangent kasher ou halal.

Bref, devenir végétarienne pour de bon m’a fait découvrir pas mal de choses, que je n’aurais sans doute jamais vues sinon ! Il y a eu quelques entorses difficiles à éviter : j’ai mangé des fruits de mer à un mariage, du poisson dans un très bon restaurant, et même une petite portion de bœuf hier soir.

Pour le moment, j’ai décidé de poursuivre l’expérience au moins jusqu’à la fin de l’année. Et d’ici là, je compte publier encore un ou deux articles : un sur ce que je mange, une liste des produits que j’ai (re)découverts en passant végétarienne, et peut-être un nouveau bilan à la fin de l’année ?

Voilà ! Et si vous avez des histoires à partager sur votre expérience, je serais trop contente de les entendre !


Ah, et une dernière chose :

Soucieux de votre impact alimentaire,
mais pas prêt à devenir végétarien-ne ?

Il y a plein d’autres possibilités pour prendre le pouvoir sur votre impact environnemental. Vous pouvez par exemple…
cesser complètement de manger du bœuf (cette viande est un fléau environnemental) et préférer d’autres viandes
choisir votre poisson parmi les espèces qui ne sont pas menacées
– imprimer, accrocher dans votre cuisine et utiliser un calendrier des légumes locaux et de saison adapté à votre région, comme celui-ci par exemple
– faire vos courses en privilégiant les circuits courts, par exemple via une AMAP, ou en sélectionnant au marché l’étal qui a le moins de choix
– cultiver vos herbes aromatiques sur votre balcon (… et tant qu’à faire, pourquoi ne pas acheter vos semences chez Kokopelli ?)

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