Arrêter de fumer

On se dit : “J’arrêterai un jour” et on pense à autre chose. Dix ans après, on réalise que parmi les 3652 jours qui sont passés, on n’a pas trouvé celui où on devait arrêter. Et là, on a le choix : s’y mettre maintenant, ou rempiler pour 10 ans.

Arrêter de fumer fait partie des choses qu’on met sur une to-do list sans trop y croire. Bonne nouvelle n°1 : si vous y pensez, vous avez déjà fait 90% du chemin. Deuxième bonne nouvelle ? C’est beaucoup plus simple et beaucoup, beaucoup plus facile que vous ne le pensez. Et c’est quelqu’un qui a essayé 5 fois avant d’y arriver qui vous le dit.

Ma carrière de fumeuse a commencé vers mes 14 ans : je suis en colo en Irlande, où on s’ennuie ferme, mais à plusieurs nationalités. Chacun est venu de son pays avec ses vices : pendant que les Français essaient à tout prix de faire des bisous aux Italiennes, je fais des ronds de fumée avec les Espagnols. De retour en France, j’achète mon premier paquet de 20, des Fortuna. Les 3,50 euros qu’il coûte à l’époque me propulse parmi les cools du lycée. Et puis arrivent les études, les partiels, le stress, les stages, les cafés, pause clope, les chagrins, les soirées, pause clope… Je suis une fumeuse enthousiaste : j’adore tout ce que la cigarette m’apporte. On me découvre un asthme allergique ? J’arrête net, ça dure 1 an et demi. Et puis ça reprend : les études, les partiels, le stress, les stages, les cafés, pause clope, les chagrins, les soirées, pause clope…

J’ai presque fini mes études et je fume des Dunhill bleues. Le prix du paquet a bien augmenté : 7,50 euros. Entre les jours avec et les jours sans, je fume 1/2 à 2 paquets par jour, 20 clopes en moyenne. C’est trop, mais pas envie de me réguler. Un soir, je réalise que ça fait 10 ans que suis fumeuse. Mon enthousiasme redescend. Je fais 4 ou 5 tentatives pour arrêter, toutes minables : à chaque fois, au bout d’un mois, je retourne à la case départ, le bureau de tabac.

En avril 2014, une angine me cloue au lit. Je passe 5 jours sans la moindre envie de cloper. Il reste 2 mois avant les partiels de fin d’année, mes copains sont tous fumeurs. Un conseil que m’avait donné mon copain Wolfgang, aussi gros fumeur que moi jusqu’à son arrêt total l’an dernier, me revient à l’esprit. Je n’ai rien à perdre à essayer.

1 an et 250 jours plus tard, je n’ai pas touché une cigarette. Mieux : mon petit frère aussi a arrêté. Puis mon mec. Puis ma copine Lee. Puis d’autres copains. Puis des quasi inconnus, rencontrés dans des soirées, avec lesquels j’ai discuté 10 minutes. Puis ma copine Lucie. Mes copines Anne-Fleur et Gisèle sont sur le point de sauter le pas. J’ai appris ensuite que ma copine Margaux, qui était passée de 2 paquets par jour à 0, avait suivi le même conseil. Que s’est-il passé ?

J’ai lu un livre : La méthode facile pour arrêter de fumer de Allen Carr. Ensuite, j’ai écouté mes copains. À certains, j’ai donné le livre en leur faisant promettre de le lire de la première à la dernière page en mettant en veilleuse leur esprit critique, et de le garder sous la main pendant les 3 premiers mois. À d’autres, j’ai cité quelques passages du livre, de mémoire. Depuis, j’en ai toujours deux chez moi : un pour le prochain copain qui en aura besoin, et un pour moi, au cas où.

Le livre coûte 7,50 euros. Si vous sautez le pas, l’appli Smoke Free, dispo en version gratuite ou à 4,99 euros, est un petit plaisir de plus : elle tient le décompte des bienfaits de l’arrêt du tabac sur la santé et sur le portefeuille (bientôt 3000 euros d’économisés : qui dit mieux ?). Sa limite : elle ne permet pas de quantifier ce qu’on gagne en estime de soi et en qualité de vie.

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